De Nantes à Paris pour la promotion du vélo : 700 km, 10 jours en groupe

Voyage à vélo de Nantes à Paris (700 km, 10 jours) :
– De Nantes à Angers par la Loire à vélo,
– D’Angers à Domfront par la Vélo Francette,
– De Domfront à Paris par la Véloscénie.

Cette randonnée à vélo, intitulée les RayonNantes, a été organisée par l’AF3V. Il a pour but de promouvoir les grands itinéraires à vélo, de reconnaître ces 3 parcours qui sont en voie d’aménagement et de remettre la charte de Nantes à Paris. En effet, à l’issue de la vélo parade, la vélo city et la fête du vélo qui a eu lieu du 2 au 5 juin 2015 à Nantes.

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Mercredi et jeudi 3 juin : 50 km à vélo à Nantes et Saint-Herblain

111Après la réponse négative que j’ai essayé à la suite d’un entretien d’embauche pour un poste de cartographe à Auray et celle pour un petit boulot de chauffeur – livreur en Bretagne, je décide de partir en vacances après ces deux échecs. Cela fait un an que je cherche du travail en SIG et mes 100 candidatures en France n’ont débouchées sur rien… En cette période de printemps, il fait beau et chaud et j’ai besoin de bouger pour oublier tout ça. Ca tombe bien, j’ai vu sur internet que c’était la fête du vélo à Nantes et une grande randonnée à vélo de Nantes à Paris est organisée et ouvert à tous ! Cela va durer 10 jours, on voyagera en groupe (ce qui change de mes voyage en solo) et je ne connais pas la Vélo francette et la Véloscénie, ça tombe à point nommé !

117Je me prépare à l’arrache en une matinée pour ce voyage à vélo et je monte le vélo sur ma Twingo rose pour rejoindre Nantes. Je préviens Thomas que j’arriverai un jour à l’avance chez lui pour participer à la vélo parade le mercredi 3 juin. Je me gare à Nantes sur les bords de Loire pas trop loin du centre, sur un parking squatté par les camtars. J’ai un peu peur de me faire fracasser une vitre ici car j’ai mes 5 sacoches dans ma voiture ! Je pars à vélo vers l’île de Nantes et je me pose sur l’herbe face à la Loire, devant les machines de l’île où il y a foule pour célébrer la fête du vélo ! Je bois 2 binouzes et fume un pète pour me décontracter car je suis un peu tendu après ce départ à l’arrache.

140La vélo parade démarre sous la grande nef mais il y a tellement de monde que l’on progresse à pied pendant un long moment. Il y a tout type de gens (enfants, ados, adultes, vieux), tout type de vélo (petits, grands, avec remorques, vélo couchés, de course…) et même des personnes déguisés sous cette chaleur. On passe par le centre où la circulation des voitures a été bloquée et même les piétons ont du mal à traversées les rue ! Bref, les cyclistes font une démonstration de leur présence ! Après la cathédrale et le château, ça roule beaucoup mieux et je me permets de rouler plus vite jusqu’au hangar à bananes le long des quais de la Loire.

146Le soir, Thomas débauche du boulot et me rejoint sur la pelouse où l’on picole des bières pour se booster. On bouge à fond devant le concert gratos qui est bien sympa :-) On est tellement chaud que l’on veut continuer la soirée alors on va au hangar à bananes mais c’est loin et mort. On finit par discuter à des jeunes près de leur voiture avec de la musique. On doit rentrer dormir chez Thomas à Saint-Herblain, c’est trop loin alors on prends ma caisse à 4 heures du mat. Le lendemain, Thomas va bosser et moi j’ai la tête dans le cul mais je n’arrive pas à dormir plus (seulement 4 heures de sommeil). J’ai des remords, des idées noires car le concert était bien mais on aurait dû se rentrer juste après et pas traîné très tard à picoler. Je vais rechercher mon vélo à Nantes à pied puis en tram pendant toute la matinée. Je mange puis je repars à vélo pour aller voir ma tante et qui m’a posé un lapin. Je dois attendre Thomas car j’ai ses clés d’appart. Le soir, c’est très calme : on mange  et on mate le film Africa aïoli, sympa !

148Le vendredi matin, je prépare mes sacoches et part voir Philippe qui est hospitalisé depuis longtemps à l’hôpital Saint-Jacques. Il est en fauteuil roulant car il s’est cassé la jambe lors d’un accident de vélo mais il a un bon moral. Ca fait plaisir de le voir et on discute bien. Je mange dans le centre-ville un sandwich et mon cousin Charlie me fait aussi faux bond à la dernière minute. Je tourne un peu en rond alors je bois une bière en terrasse puis file à Vélocity pour le grand départ ! Je me fais jeter de vélocity une première fois car c’est réservé aux professionnels en costard pour le moment. Je finis par rentrer mais il n’y a pas grand chose à voir et je ne parle à personne. Je prends des cartes d’itinéraires à vélo gratuites aux stands mais ça pèsera lourd pendant mon voyage !

150Enfin, il est 15h30 et c’est l’heure du départ mais finalement on s’élance une heure plus tard. Je rencontre mes camarades de voyage : Maria, l’espagnol, qui est bien sympa et Marine qui est de mon âge. Il y a aussi Dominique, sa mère, Jean-Pierre, avec qui je ferai l’intégralité de l’itinéraire, et Jacques et Jean-Paul de l’association AF3V qui nous accompagneront pendant 3 jours. Je suis le mieux équipé avec mes 5 sacoches, il y a 2 vélos électriques. Ils ont mis des drapeau de la RayonNantes derrière leurs vélos, casquette vélo parade et gilets jaunes. Poignée de main aux présidents de l’ECF, photos, et quelques timides encouragements pour ce voyage.

On part 159enfin le long de la Loire pour sortir de la métropole nantaise, ça fait un bien fou de se retrouver en campagne ! On doit rejoindre Varades dès ce soir car ils ont réservés dans un resto gastronomique ! On passe par Le Cellier, Oudon et son château que je prends vite fait en photo. Malheureusement, je trace pour rejoindre les autres mais je me trompe de chemin et arrive dans un cul de sac le long de la Loire… Ensuite, Jean-Pierre nous fait passer par des variantes de La Loire à vélo alors on roule dès fois sur des chemins en travaux bien pierreuse. C’est sympa, on discute en roulant pour apprendre à se connaître. Je n’ose pas parler à Marine car elle me plaît bien… On avance à 15 km/h, le temps est magnifique, Jean-Pierre nous commente l’histoire du patrimoine.181

Bien sûr, on arrive tard à 21h30 sans s’être trop arrêté. 50 km parcourus, il a fait chaud et on est en sueur. Ils prennent une douche et se changent vite fait à l’hôtel mais moi mon camping et trop éloigné pour cela… L’apéro est offert par Jean-Pierre et l’on mange bien pour 30 euros dans ce beau resto avec vue sur la Loire. Jean-Pierre a 75 ans et travailler pour une grande compagnie gazière en voyageant dans le monde entier en business class. Ils parlent bien et sont distingués, ca me change de compagnie ! Ils sont tous riches et retraités, sauf moi et Marie mais pour elle, c’est maman qui paye. Ca sera camping – pique-nique pour moi comme d’hab, et hôtel – resto pour eux, chacun fait avec sa bourse et sa vision du voyage à vélo. Je rentre de nuit au camping avec Jean-Paul et on s’installe en speed pour se reposer. Je lui est proposé de s’installer près du grand fleuve, malheureusement, on aura le droit a un concert de grenouilles !

Visite du musée de Lénine, Angers, puis on remonte le canal de la Mayenne

Samedi 6 juin : 80 km

187On a eu droit a un concert de grenouilles cette nuit. Je me lève tôt à 7h30, prends mon petit dej et une douche en attendant Jean-Paul. Un randonneur à pied est assis aux sanitaires mais je ne lui parle pas. On doit rejoindre les autres à Montejean/Loire mais on ne les voient pas. Il y a des sculptures le long de la Loire, un grand pont et on s’arrête là pour prendre un café avec tout le monde. Ensuite, on entre dans la plus grand île de la Loire et l’on s’arrête une musée de Lénine (si si !). Le patron est sympa et nous invite à rentrer dans ce temple du communisme. Il y a des portrait de Lénine, des journaux et affiches russes et des poupées russes bien sûr ! Je trace tout seul devant vers Bouchemaine en passant par la Possonnière et Savenières, les vignes et quelques côtes. Je suis pourtant très chargé de bouffe comparé aux autres !

203A Bouchemaine, je regonfle mes pneus et je veux laver mon vélo mais la borne ne fonctionne pas encore. Les autres mangent au resto, ils attendront des heures avant d’être servis dans une ambiance bruyante. Avec Jean-Paul, on mange nos pique-nique à la terrasse avec une petite bière. Je fais ensuite une petite sieste à l’ombre d’un arbre, puis bronzette au soleil et je trempe mes pieds dans la Maine. On repars tard de Angers où on s’arrête encore une heure pour parler avec d’autres cyclos. Je prends quelques photos de cette belle ville que je connais peu.  On discute bien avec Marine, elle est trop mignonne en petit-short et débardeur, je veux une copine ! Sa mère roule en se déhanchant sur son vélo, elle roule doucement alors que Jean-Pierre et Jacques carburent avec leur VAE. Il fait très chaud et très beau au printemps alors je me mets de la crème solaire mais j’ai des coups de soleil quand même !

216On remonte maintenant le canal de Mayenne sur la Vélofrancette, en remontant l’Oudon. Je prends des photos tout en roulant car il faut ensuite sprinter pour les remonter si je m’arrête ! On finit la journée par de la route et l’on croise des voitures de collection que je salue. Je suis à fond avec la musique de mes écouteurs, même en montes et descentes. On voit des châteaux, des ânes et même des serpents pour arriver au Lion d’Angers après 80 km en arrivant par le grand hippodrome. J’arrive au camping en premier alors que j’ai remonté la grande rue pour rien et l’ai descendu en sens interdit pour le chercher…

246On fait tous ensemble du camping mais eux ont une grande tente déjà monter avec de vrais lits. Ils repartent en ville au resto alors que je me fait un bon apéro avec un pétard qui détonne ! Jacques revient car il a crevé alors je lui passe ma pompe et je mange une pizza à emporter sur place dans cette ville un peu spéciale. Il y a des gens chelou et 5 banques dans le centre et rien d’autres ! On discute bagnoles avec le pizzaïolo… Ils vont directement se coucher, même Marine… Elle dort avec sa maman alors moi je pars faire un tour en ville mais pas d’âme qui vive. Je finis dans un parc pour enfant à regarder mes photos et écouter de la bonne musique puis au dodo.

Du Lion d’Angers à Laval par le chemin de halage de la Mayenne

Dimanche 7 juin : 80 km

309Je me lève le premier à 7h30 et je suis prêt à 9 heures comme prévu. Je reprends un petit déjeuner au soleil avec les autres sur une table que nous prépare gentiment le gérant du camping. Il y a tout ce que l’on veut : pains aux chocolat, pain, beurre, confiture, jus d’orange…  On longe le canal de la Mayenne tous les quatre. Ils veulent arriver à Laval à midi car d’autres cyclistes nous y attendent mais on y arrive seulement à 14h… Il fait beau, je discute pas mal avec Marine pour la dernière journée ensemble et je la double :-p Il y a eu un festival de musique hier et je parle avec les jeunes qui sont sur l’autre rive !

343Le paysage est magnifique avec les maisons éclusières, les moulins, les péniches, les pêcheurs et les voyageurs à vélo que nous croisons. Il y a aussi des panneaux d’informations sur la nature environnante (faune & flore), des fruits sur les arbres (cerisier) et des fleurs par milliers (digitales). On s’arrête avec Marine pour faire une pause et discuter avec un éclusier bien sympathique. On rattrape les autres à Château-Gontier mais on n’a pas le temps de visiter cette ville car on est en retard pour le rendez-vous ! Finalement, on en rigole avec Marine car nous on s’en fout un peu à vrai dire…

362Après 65 km en speed, on retrouve enfin les autres participants à cette randonnée. On veut manger dans un resto près du canal mais c’est complet alors ils nous invitent à manger à 15 heures chez eux à Laval.  Ils sont sympas et l’on mange bien tranquillement sur la terrasse de leur beau jardin. Ils nous payent même le digestif, un calva qui a bien vieilli ! Je dis au revoir à Marine et l’on doit repartir avec Jean-Pierre mais mon pneu arrière a dégonflé ! Je le regonfle à bloc et je trace à fond en klaxonnant sur le canal pour traverser Laval et éviter tous ces piétons et cyclistes. Mon pneu tient le coup jusqu’à mon arrivée à l’aire de camping-car qui est muni de douches, de tables et même d’un barbecue ! Je fais ma tambouille et le gars de l’entretien est un peu simple mais rigolo. Jean-Pierre lui dort chez des amis dans un château…

En route vers l’Orne avec Jean-Pierre : c’est mon anniv et soirée au bar à Domfront

Lundi 8 juin : 80 km

423On s’est donné rendez-vous à mon camping avec Jean-Pierre à 9 heures mais il n’est pas là alors j’avance jusqu’au pont de la Mayenne. On est désormais plus que deux à continuer l’aventure jusqu’à la capitale, j’espère que ça va bien se passer entre nous deux ! Il passe des coups de fil pour son hôtel du soir à Domfront puis on démarre. Il avance vite avec son VAE mais j’arrive à la suivre sur le plat du chemin de halage. Il fait toujours très beau et c’est toujours un paysage bucolique sur les bord de la Mayenne et ses écluses. J’impose une pause après une heure de route et l’on s’arrête à une halte fluviale où je lui paye un coup à boire. Je consulte leur livre de souvenirs et l’on voit les membres de l’association faire la fête et déjeuner.

427On arrive à la ville de Mayenne et JP recharge son vélo à l’Office de Tourisme. Moi, je vais chercher une baguette dans la ville. On se retrouve à un bar près du pont et il me paye une bière en terrasse en accompagnement de notre pique-nique. On discute et je lis vite fait le Ouest-France. Je lui propose de visiter un peu la ville et l’on se promène au château et son jardin. On continue à rouler sur une ancienne voie de chemin de fer vers Ambrières-les-vallées. Je prends quelques photos mais j’ai du mal à le rattraper par la suite alors je peste contre l’inégalité de nos vélos et de l’injustice ! Petite à petit, je me ferai une raison et je garderai mon rythme quelque soit son avance.

433On longe un vélo-rail et je mets mes lunettes car il y a beaucoup de moucherons sur la voie verte qui est encadrée par deux haies continue. Arrivée à Ambrières, on fait une pause à côté de la route encombré de camions. Ensuite, on entre en Normandie dans l’Orne. C’est de la route de campagne vallonnée et il y a un gros vente de face alors c’est dur pour moi qui suit surchargé de nourritures et de bouquins ! On discute en roulant avec un cycliste de course qui est bien portant, rebelle et sympa.

450On se sépare à Domfront et je commence à m’énerver car il y a pleins de bagnoles partout, une côte monumentale pour arriver à la ville et j’ai du mal à trouver le camping.  Personne à l’accueil ni le soir ni le matin alors je ne payerai rien. Un couple de néo-zélandais vient me saluer et me dit qu’ils ont passé une journée difficiles avec des bonnes montées et un balisage mal signalé. Je lui donne ma carte de la Mayenne à vélo et il me remercie. Je suis fatigué ce soir mais je me rends compte que c’est mon anniversaire aujourd’hui en écoutant un message vocal de mon neveu et ma nièce qui me le souhaite en chantant ! De plus, j’ai un message pour un entretien de recrutement pour suivre une formation de jardinier-paysagiste.

468Je mange puis je pars visiter le château de Domfront et son magnifique panorama sur les environs. Je veux boire une bière alors je trouve un bar où le patron et les clients sont bien sympas ! 2 jolies anglaises, un jeune de mon âge et un corse. On picole ensemble et on discute avec deux jeunes jolies filles. On est fin rond et Paco le corse, qui est un jeune retraité de l’armée, m’invite dans son camping-car au camping où il me paye encore des bières. Il travaille maintenant dans le BTP en itinérance. Il a un sacré caractère et me montre sa carabine alors j’évite de faire le malin et pars me coucher à une heure du mat.