Canal de Nantes à Brest : Départ de Redon

Je vais suivre le canal de Nantes à Brest, de Redon à Châteaulin, pour une durée de 5 jours.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-008.JPGJe reviens tout juste de Prague, où je suis aller voir ma copine Iva pendant une semaine. La veille de mon départ, je prépare un peu à l’arrache ce voyage. J’équipe mon vélo de 5 sacoches, 3 à l’arrière et 2 à l’avant. J’ai dû un peu bidouiller les 2 petites sacoches arrière que j’ai acheté chez Décathlon pour les fixer sur mon porte-bagage avant Zéfal mais ça le fait et c’est trop la classe ! :-) Ca change toute l’allure du vélo, le poids est mieux réparti et ça fait « vrai » cyclotouriste ! Je reprends la liste de matériel à emporter que j’avais établi lors de mon précédent voyage et je n’ai plus qu’à rassembler mes affaires  et tout mettre dans les sacoches. Au final, mon vélo est plus lourd que pour mon voyage de 6 semaines à travers l’Europe car on en rajoute quand on a 2 sacoches supplémentaires !

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 003Le lendemain, jour de mon départ, je me lève seulement à 10h ! Je me fais propre, je rentre vite fais de la musique sur mon lecteur MP3 et je boucle les bagages. A 12h15, je pars d’Acigné pour aller à la gare de Rennes. Il me faudra 1 h pour y arriver en fonçant tout de go ! A la gare, je mange un sandwich et le Ouest-France. L’entrée de mon vélo dans le train est un peu précipité et confus mais un gars m’aide à l’accrocher dans un wagon du TER et c’est parti, direction Redon !

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 015A Redon, je vais chercher à l’Office du Tourisme la carte du canal qui m’est indispensable pour repérer le chemin à suivre et les camping. Il est bien fait et gratuit, c’est nickel ! A Redon, il y a une expo photos sur le Tour de  France et son histoire : je les regarde en me promenant dans le centre historique piétonnier et je fais déjà quelques photos de ces photos ;-) Le cyclisme à bien changer, les coureurs étaient plus fun et moins « compétition à tout prix » à l’époque : vélo basique (et sans vitesses !), ravitaillement à l’arrêt à des stands (ou même au café du coin !) et certains mettaient même de la bière dans leur bidon !

Ensuite, je me fais une petite pause ensoleillée au port de plaisance avant de m’élancer sur les berges du canal de Nantes à Brest. C’est tout plat et je file à 22 km/h avec mon vélo ! Je m’arrête quand même de temps en temps prendre des photos du canal, des écluseries et des sportifs de l’île au Pies où il y a des kayaks, de l’escalade sur les paroies rocheuses, des enfants qui font de l’accrobranche et des promeneurs et cyclistes.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-032.JPGJe vais à Peillac pour faire des courses alimentaires. J’y parviens après une grosse montée et là je fais les méga-course dans une superette. En redescendant vers la vallée de l’Oust, je prends une vidéo de ma descente mais c’est un peu risqué car il y a beaucoup de bagnoles à circuler et quelques virages… Je file à toute berzingue vers Congard mais ensuite à cette allure, je commence à être fatigué après 50 km effectué en une après-midi (en partant à 15h30 !). Je fais une dernière pause et trouve un camping trankilou à 5.20 euros :-) Il y a même une petite parcelle à côté avec un âne, un bouc et un gros cochon !

De Malestroit à Pontivy en passant par Josselin

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-043.JPGJe me lève à 8h15 mais je pars seulement à 9h35. Je visite vite fait Malestroit : c’est joli, il y a un grand marché et le bord du canal est fleuri. Il y a des touristes à côté du musée de l’eau et de la pêche et une péniche fait demi tour à l’écluse, ça passe tout juste ! De nombreuses écluses se succèdent sur le canal de Nantes à Brest  : au total pas moins de 106 pour 360 km de long ! Certaines maisons d’éclusiers sont fleuries, d’autres sont à l’abandon et condamnées. Plusieurs panneaux informatifs racontent l’histoire de ce canal : il a été construit à partir de 1805 et pendant 37 ans de dur labeur. Il a eu une fonction militaire puis commerciale jusqu’en 1977 puis maintenant touristique. Il est aussi décrit la vie des mariniers et de leurs familles qui parcouraient ce canal pour transporter des vivres d’une ville à l’autre. A l’époque, c’était les chevaux de trait qui faisaient avancé le bateau en le tirant depuis le chemin de halage que j’emprunte aujourd’hui.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-055.JPGAu Roc Saint André, je monte sur le rocher où surplombe l’église. Il y a une belle vue de là haut et je me prends une pause lorsque les 12 coups de midi sonnent à mon oreille. Un peu plus loin, je pique nique sur une table et fait une petite sieste à l’ombre d’un arbre. Je m’arrête souvent pour photographier et ça fait que je n’ai parcouru que 33 km ce matin. J’arrive à Josselin avec son château fortifié et imprenble. Il y a beaucoup de touristes français, anglais et italiens à l’intérieur de l’enceinte. C’est bien joli, je me promène à pied, prends quelques photos et repars. Je m’arrête ensuite pour photographié une jolie maison sur une île relier au rivage par un pont.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-110.JPGSur le chemin, je croise de nombreux vélos et je l’ai klaxonne pour les prévenir de mon arrivée et les doubler. Certains sont paniqués et s’arrêtent carrément sur le bas côté. Faut dire que ma sonnette n’est pas très douce à l’oreille… Je dépasse ensuite un homme sur une carriole tirée par un âne : je lui demande l’autorisation de le prendre en photo et il accepte sans problème. Je passe Rohan puis je trace vers Pontivy car je veux camper dans cette ville. Je mets mon baladeur et écoute IAM, je parcours ainsi 30 kilomètres d’une traite !

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-131.JPGLe camping est bien et pas cher. A l’accueil, un mec me dit qu’il n’a pas de tente et qu’il va dormir dans les sanitaires. Il a la quarantaine et est un peu spécial. Il sympathise avec une dame puis ils vont manger ensemble au restaurant en ville, sans même me proposer de les accompagner pourtant je lui ai fait entendre… Tant pis, je sors mon réchaud et me prépare des pâtes tout seul face au terrain de football. Le soir, je vais faire un tour au centre ville de Pontivy à pied mais c’est long et c’est mort alors je reviens par le stade et je vais dormir.

Traversée du lac de Guerlédan

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-158.JPGAujourd’hui, je pars pour le lac de Guerlédan, le plus grand de Bretagne, qui se situe en plein coeur de cette région. Je croise et recroise un groupe de vieux qui étaient aussi au camping de Pontivy. J’avance plus vite qu’eux mais je m’arrête prendre des photos très régulièrement. Avant Guerlédan, le paysage est mort et triste à voir : les écluseries sont à l’abandon, le canal se vide de son eau et la végétation a pris sa place. Tout cela à cause de la construction du barrage hydro-électrique de EDF qui marque une coupure du canal de Nantes à Brest.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-183.JPGArrivé à ce site industriel, j’attache mon vélo et j’escalade le sentier pédestre qui borde ce lac artificiel. Le mur du barrage est très haut et ce point de vue est la meilleure sur cette masse d’eau. Pendant cette pause, je croise une famille de 4 personnes avec leurs vélos sur cet éperon rocheux qui n’est accessible qu’à pied, étant donné le dénivellé et les pierres de ce sentier de randonnée. Il sont en galère et j’aide la femme à redescendre son vélo par où je suis arrivée. Arrivée en bas, je demande à des anciens quel est le meilleur trajet pour contourner le lac. Ils me donnent leur carte de ce lieu très gentiment et m’indique de prendre la voie verte au nord sans passer par Mûr de Bretagne. J’irai voir un autre point de vue du lac avant de filer par cette itinéraire très praticable.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-209.JPGA midi, alors que je cherche à me pauser pour déjeuner, des allemands m’invitent très gentiment à manger à leur table. Ils m’offrent même du pain que je n’ai pas, ce qui est très embêtant quand on veut manger des sandwichs ! On échange quelques mots : ils vont à Roscoff et on échange nos cartes pour connaître les itinéraires de chacun. Après une sieste dans le terrain de foot très fleurie de derrière, je me perds un peu pour reprendre la bonne route. Ensuite, je vois des enfants descendre en rappel un pont dont un la tête la première ! J’arrive à Bon repos qui est un village touristique mais je ne fais pas de grosse pause et file vers Gouerec. Là bas, je fais de bonnes courses et je vois 3 jeunes à vélos aussi mais je n’ose pas les aborder.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-248.JPGToute cette après-midi ensoleillée, je tripe sur mon vélo en écoutant de la musique et en faisant des vidéos. Je fais notamment un jeu « Comptez les arbres » en vidéo et je filme ma descente d’écluses successives. Malheureusement, j’aurai à remonter tout ça car j’ai loupé la sortie vers Glomel. Vers ici, il n’y a plus beaucoup d’indications car on est dans la Bretagne lointaine et sauvage. Je ne trouverai pas non plus le camping directement de Glomel et je passerai pas une grosse montée-descente et une arrivée sur mon lieu de repos par une forêt abrupte. Arrivée à 19h, le camping est chouette (il y a un étang qui le borde) et la femme de l’accueil est cool : c’est 3.80 euros la nuit et je réserve 3 viennoiseries pour le petit déjeuner du lendemain. Je me prends une bonne douche, je mange puis je vais voir mes voisins, un jeune couple en vélo et bien sympa. J’aborde la discussion et on discute jusqu’à la nuit tombé. Lucie, sa copine, me fait mourir de rire avec son panier de vélo : trop le style !

Arrivée dans le finistère sous une pluie continuelle

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 267Il a plu toute la nuit et c’est pareil ce matin. Je me lève à 8h24, personne n’est debout encore. Je prends mon petit déjeuner sans les viennoiseries. Je pars du camping sans revoir les voisins de la veille. Je repasse par le sommet des écluses et redescends jusqu’à proximité de Carhaix qui n’est pas indiqué. Ici, c’est un no man’s land : à part quelques pêcheurs et éclusiers croisés, je ne croise pas de péniche ni de village à proximité du canal. J’ai quand même quelques panneaux informatifs à lire et des bornes kilométriques à décompter quand je passe la frontière du Morbihan au Finistère. En même temps, je n’ai pas trop de temps à perdre car je compte prendre le train demain à Châteaulin pour retourner chez moi à Rennes.

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 303La pluie redouble alors je prends des pauses sous les arbres et je pique nique sur une table abrité. Je loupe une photo d’un héron cendré en plein décollage. Je filme des areignées d’eau marchant sur une petite mare à proximité du canal. A Châteauneuf du Faou, j’aide un pêcheur, qui est sur l’autre rive, à retirer son gros hamçon d’un buisson de mon côté. Il me remercie de loin mais je me rendrai compte quelques temps plus tard que mon lecteur MP3 que je portai est tombé dans ce fossé, heureusement je le retrouverai. Je passe ce joli endroit touristique que j’ai déjà visité auparavant en faisant du kayak sur le canal.

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 316Je trace ensuite vers une route bitumée cassante qui est tape-cul. Mais j’ai de la musique et je tripe sur Marcel & son Orchestre et La Mano Négra. Je souris, je rigole : je suis pris d’une folie expressive pour ce dernier jour de route ! Arriver à 30 km de Châteaulin, j’arrive à un camping du côté de Pleyben. Je me réfugie d’abord dans un bar glauque pour éviter la grosse pluie en prenant un picon bière. Je passe la dernière nuit de mon court voyage dans ce camping désert. Et il pleut, il mouille, c’est encore la fête à la grenouille !

Fin du voyage à Châteaulin en suivant l’Aulne

Voyage à vélo sur le canal de Nantes à Brest 328C’est la fin de mon voyage sur le canal de Nantes à Brest après 5 jours de vélo de Redon à Châteaulin. Je parcours les 30 derniers kilomètres qui me sépare de Châteaulin sur le chemin de halage de l’Aulne qui décrit de grandes courbes ici. C’est une rivière qui se jette dans l’Océan Atlantique à Landévennec entre Brest et la presqu’île de Crozon. J’arrive à midi à Châteaulin, ce qui ne me laisse pas le temps de poursuivre jusqu’à cette embouchure. D’autant plus que je dois prendre mon billet de train pour Rennes et je ne connais pas l’horaire de départ. De plus, le chemin de halage ne se poursuite que jusqu’à Port-Launay et que si l’on veut continuer jusqu’à Brest, il faut défier la circulation routière.

Voyage-a-velo-sur-le-canal-de-Nantes-a-Brest-332.JPGA Châteaulin, je me prends un bon chocolat chaud avec pains au chocolat à la terasse d’un café dans le bourg. Ensuite, je me dirige vers la gare ferrovière qui se situe sur la partie haute de la ville. En passant par là, je vois une maison très particulière de gitans qui habrite dans son jardin une calèche, des flaments roses et une pancarte indiquant « Saintes Maries de la Mer, 1137 km », autant dire l’autre côté de la France !

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En face de la gare, un club de remise en forme affiche fièrement des femmes faisant du vélo d’appartement avec un grand sourire… Pour moi, faire du vélo seulement pour l’effort et pas pour les paysages et l’aventure, ça me fait bien rigoler aussi… A la gare, je prends mon billet de train qui va à Rennes en passant par Landerneau. J’ai plus de 3 heures à poireauter alors je pique nique sur le quai de la gare et lit mon journal. Rendu à Rennes, j’aurai encore 1 heure de vélo pour remonter chez moi aux hautes Escures. Fini les vacances, lundi je reprends mon boulot d’informaticien, enfermé dans un bureau 8 heures par jour :-( Enfin, j’aurai bien profiter de ce petit voyage qui m’a bien ressourcé avant la rentrée ! Vivement le prochain voyage à vélo !

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